| HISTOIRE DE TROLLS ou TROLL D'HISTOIRE ? |
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| On devrait toujours réfléchir à deux fois avant d'offrir un livre à un enfant. Si nous avions su dans quelle aventure ce livre sur les Trolls allait nous entraîner, nous l'aurions tout de suite remis dans le rayon. |
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Tout a commencé le printemps dernier. Nous avions pris, Régine et moi-même, l'habitude
de lire chaque soir une petite histoire à notre fille Fanny, âgée de deux ans à
l'époque. Tout s'était toujours très bien passé jusqu'au jour où nous
avons commencé à lui lire ce fameux livre sur les Trolls. Quelle n'a pas été
notre surprise lorsqu'elle nous a annoncé qu'elle voulait aller en Norvège durant
l'été pour voir des Trolls. Au début, nous pensions à un caprice. Nous lui
avons dit que cela faisait bien longtemps que plus personne n'a aperçu de Troll, que dans ces
contrées très nordiques l'été était très court, souvent
pluvieux et que les températures estivales là-haut dans le nord, ressemblaient bien plus
à nos températures automnales... Nous avons donc essayé de lui proposer d'autres
destinations un peu plus ensoleillées et un peu plus à notre goût, mais c'était peine
perdue. Durant tout le mois d'avril, Fanny a passé ses soirées et ses week-ends plongée
dans des cartes et des guides sur la Norvège, et finalement au début du mois de mai nos
vacances étaient programmées. D'après les renseignements que nous avions pu obtenir, c'est dans le nord de la Norvège, bien au-delà du cercle polaire, que l'on a le plus de chance de voir des Trolls. Evidemment, il était hors de question de se déplacer en voiture. Les Trolls étant réputés pour être de farouches naturalistes, il fallait un moyen de locomotion silencieux et respectueux de l'environnement et le vélo s'imposa tout de suite comme étant le moyen le plus adapté pour cette expédition. C'est en avion, puis en bateau que nous avons rejoint A, à l'extrémité sud des îles Lofoten. Dés la première semaine, nous avons compris pourquoi notre fille avait tellement insisté pour emporter son ciré et ses bottes, car si nous, nous pestions parfois contre la pluie, elle, au contraire, était bien contente de sauter dans toutes les flaques d'eau qui se trouvaient sur son chemin. Installée dans sa remorque, Fanny étudiait chaque jour l'itinéraire le plus intéressant pour rejoindre l'étape du lendemain et si elle n'avait pas le nez dans ses cartes, c'est qu'elle était en train de jouer, de regarder le paysage ou de dormir. A la fin de la deuxième semaine, nous n'avions toujours pas aperçu l'ombre d'un Troll. Le jour où nous avons ramassé des cèpes pour en faire notre dîner, nous avions vraiment l'espoir d'en rencontrer un, vu qu'ils raffolent également de champignons. Mais ils devaient certainement être en train de cueillir les mûres arctiques, car, elles avaient toutes été récoltées. Chaque matin au petit déjeuner Fanny nous donnait notre feuille de route. L'itinéraire était choisi en fonction des campings, le critère primordial étant les aménagements et jeux pour enfants. Cela nous a valu un jour, une étape de 65 km avec trois cols, rien que pour arriver dans un camping possédant une mini-ferme. Au bout de trois semaines, après avoir traversé les îles Lofoten, Vesteralen et Senja, nous n'avions toujours pas déniché le moindre Troll. Un vote sur l'utilité ou non de poursuivre nos recherches s'imposait. Régine et moi-même voulions arrêter, Fanny et son lapin voulaient continuer coûte que coûte. La décision a dû être prise en jouant à pile ou face. Et c'est ainsi que le lendemain matin nous avons rejoint le continent pour poursuivre notre route toujours plein nord. Passant dans le Parc National de Rostadalen, nous pensions croiser le chemin d'un renne, d'un renard ou d'un ours. Eux auraient certainement pu nous donner des renseignements. Au pied des Alpes de Lyngen, nous avons eu beau scruter pendant de longues heures la surface des glaciers espérant y détecter une empreinte de pied de Troll . En vain. Après avoir sillonné les routes et les pistes durant quatre semaines, nous arrivons à Tromso, point le plus septentrional de notre voyage à vélo. Il faut se résigner à faire demi-tour, car nos vacances touchent à leurs fin. Nous gardons un ultime espoir de voir un Troll, et pour rejoindre notre point de départ nous prenons l'Express Côtier. Ce bateau passe dans le fameux Trollfjord. Avec un nom pareil, nous aurions dû voir l'un ou l'autre Troll. Mais ces derniers étaient plus malins que nous. Nous quittons la Norvège légèrement déçus de ne pas avoir aperçu de Troll mais tellement contents d'avoir pu découvrir une région où la nature et les paysages sont restés intacts. L'autre soir Fanny est rentrée de la crèche en nous demandant si le Yéti existe vraiment... |
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| Jean Luc KOCH, Ittenheim. |
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Nous tenons à remercier la société ORTLIEB pour leur contribution à cette expédition. Grâce à leurs sacoches imperméables, nous étions assurés chaque matin, que nos affaires allaient voyager au sec. |